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Exposition « notre petit secret » de Katrin jakobsen

Notre petit secret…… un projet artistique contre la maltraitance des enfants

Photographies de Katrin jakobsen

Tout a commencé en 1996 en Belgique, Marc Dutroux enlève deux petites filles, Julie et Melissa et les cache dans sa cave. Il les viole pendant des mois. Puis, alors que Dutroux est incarcéré pour un méfait mineur Julie et Melissa meurent de faim. Depuis lors, la souffrance de ces fillettes ne me quitte plus, elle est comme inscrite dans mon âme.

L’idée du projet, « alles wird gut » (notre petit secret…) m’est venue en 2006, à bord d’un vol qui me ramenait de Thaïlande et du Cambodge, où j’avais fait un photo-reportage pour l’édition suédoise du magazine Elle. L’article en question portait sur le travail de l’UNICEF avec des enfants atteints du virus du SIDA. Malgré le ton optimiste du reportage, je me sentais accablée. J’étais comme hantée par d’autres photos : celles que je n’avais pas prises, celles des milliers d’enfants des rues, prêts à vendre leurs corps émaciés à qui leur paierait un bol de riz.

Me voilà donc dans l’avion, parmi tous ces hommes qui rentraient chez eux reprendre la vie de tous les jours. Je lisais dans leurs expressions satisfaites ce qu’ils venaient de faire. C’était comme si chacun arborait un T-shirt au slogan, « Sex Tourist » imprimé en grosses lettres. Mais que pouvais-je faire ? Sinon fermer les yeux, faire semblant de les ignorer faire comme si je n’avais rien deviné de leur jeu.
Et pourtant. Derrière mes paupières closes j’ai vu des horreurs. Je voyais ces hommes caresser des petits garçons. Je les entendais dire aux adolescentes tremblantes de peur, « sois gentille ma chérie, viens ici ». J’ai vu en détail chaque viol, chaque enfance détruite. D’autres images, enfouies, surgissaient aussi : des enfants battus, des gamins qui crevaient de faim, des enfants-soldats, des victimes de pédophiles… Des histoires lues dans les journaux, vues ou entendues dans l’actualité. Des images insoutenables, impossible à photographier… Car cela ferait de moi une complice, une criminelle. Après tout, un reportage sur l’enfance maltraitée ne serait-il pas qu’une autre forme de pornographie?

C’est alors que je pensais à la maison de poupée de ma fille. Un monde de conte de fée, désuet, innocent, tout en miniatures. Cette image m’a fait comprendre que non seulement je devais agir, mais que j’en avais les moyens. La maltraitance est un sujet tabou ; essayer de la montrer peut paraître paradoxal. Mais si je passais par la fiction de la maison de poupées, je pourrais finalement mettre en scène cette violence.
Je faisais tout moi-même, de mes mains : j’ai construit des pièces à la déco et à l’éclairage soignés. J’ai modelé les personnages, je les ai disposés de manière à évoquer des scènes épouvantables.
Et puis ces scènes, je les ai photographiées.
Exposition "notre petit secret"Photographies de  Katrin Jakobsen

Le modelage des personnages pouvait prendre plusieurs jours. Pendant qu’avec mes doigts je lissais leurs joues et leurs ventres, je me sentais très proche de ces petites créatures. Au fur et à mesure que je les formais, je devinais, je ressentais ce qu’ils éprouvaient, les victimes comme les bourreaux : la douleur de l’une, l’excitation de l’autre. Une expérience terrifiante.
On ne voit jamais dans mes photos le passage à l’acte. À aucun moment je ne donne la violence en spectacle. Comme cela, chaque spectateur doit s’impliquer et compléter l’histoire, avec sa propre peur, ses propres fantasmes.
Katrin Jakobsen, Paris 2011


Du vendredi 16 SEPTEMBRE au samedi 5 NOVEMBRE 2011

Galerie ouverte du mardi au samedi de 13h30 à 18h30.

58 rue Quincampoix – 75004 Paris

► Site de l’artiste : http://www.alleswirdgut.com/

antipedocirminel

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Catégories :Evènements, exposition
  1. 20 octobre 2011 à 11:28

    C’est assez curieux comme situation. En effet, il est paradoxal de cliquer sur « like »alors qu’en fait j’abhore ! Mais il est bon et nécessaire que cela soit connu du plus grand nombre.
    Je transfère à mes contacts.
    Amitiés !

  2. 20 octobre 2011 à 4:47

    je n’ajouterai pas d emots
    simplement parce vu mon job c’est hélàs mon quotidien jours après jours,cette lutte là!!!
    et ça m’écoeure toujours autant…..
    je n’ai donc pas regardé,j’en ai assez devant les yeux comme ça
    je dirai juste,cette lutte ne doit jamais s’arrêter
    jamais, on ne touche pas à un enfant !!! JAMAIS
    bisous à toi

    • 21 octobre 2011 à 10:37

      Bonjours
      En effet cette lutte ne doit jamais s’arrêter mais surtout elle doit ce faire entendre car il y a encore tant à faire. Ne serais se qu’au niveau de la formation des professionnels de l’enfance. je me rappellerais toujours il y à une bonne quinzaine d’année de cela de cette petite fille ayant des troubles du comportement d’une extrême violence ho oui l’équipe éducative dont je faisais partie a bien analysé une maltraitance mais plutôt du type; coup, verbal, esclave …. Mais en aucun cas a un abus sexuel et aujourd’hui avec les connaissances que j’ai acquises je me pose la question cette enfant n’était elle pas abusée sexuellement ? Le manque de formation pose un réel problème dans la détection d’enfants maltraitée. Je le vois bien encore aujourd’hui au sein de mon équipe ou certain éducateur ce refusent à croire que l’inceste ou l’abus sexuel existe et bien plus qu’on ne veux le croire ou le voir.
      merci pour ton témoignage
      Misskrysta

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